Courrier des parents

NOUVELLE RUBRIQUE
les parents d’élèves du groupe primaire Les Petits Lutins et Les Trois Chênes nous envoient une question en lien avec la parentalité et la scolarité que nous transmettrons à Mme Alicia LAMIA, psychologue. Nous procéderons avec elle à un tirage au sort pour sélectionner la question à laquelle elle répondra.

Alicia LAMIA répond a une question des parents d’élèves

Docteur en psychologie
Psychologue clinicienne et psychothérapeute

QUESTION : « Mon enfant ne veut pas blesser son ami et s’empêche d’aller vers les autres, comment lui faire comprendre qu’avoir un meilleur ami n’empêche pas d’avoir d’autres amis et qu’il peut sans culpabiliser jouer avec eux ? »

REPONSE:
Les relations sociales font partie inhérente de l’être humain en tant qu’être grégaire mais elles vont évoluer en fonction du développement de l’enfant, de son âge, de son éducation, de son contexte et de sa personnalité.
Ainsi, il n’est pas possible de donner une réponse unique à cette question puisque tous ces critères sont à prendre en considération.

Très tôt, dans la vie des enfants, apparaissent des expériences d’échange, de découverte, de participation, d’invention de « jeux » en toute sorte. Leur fantaisie, leur imagination vont trouver un terrain privilégié pour se développer et ceci d’autant plus que des expériences de partage existent.
Avant l’âge de 6-7 ans l’enfant vit dans « l’égocentrisme », qui le fait croire qu’il est au centre de l’univers et que tout ce qu’existe est « pour lui et par lui », difficile donc de lui demander de se mettre à la place de l’autre. Ce n’est qu’après qu’il vivra le mécanisme de « décentration » qui lui permettra de prendre en considération « l’autre » et qu’il sera en mesure de respecter les règles des jeux qui juste avant étaient modifiées à sa guise et en
fonction de ses propres intérêts.
Dans un premier temps la notion de « partage » se limite aux objets extérieurs (jeux et centres d’intérêt) et l’évolution se fera progressivement vers l’incorporation d’éléments internes (pensées, sentiments). Ce partage se fait avec un ou des partenaires privilégiés, d’où la difficulté pour l’enfant d’accepter de « partager » avec d’autres enfants.
Vers 9 ans apparaissent des notions de « réciprocité » et « d’intersubjectivité » que vont amener l’enfant vers la différenciation entre « l’ami intime » et « les amis », les autres, avec qui il pourra aussi partager mais pas de la même façon. L’enfant a alors conscience que d’autres personnes puissent avoir des points de vue différents des siens.
Aux environs de 12 ans, cette conscience des différences est basée sur une évaluation réciproque des opinions, attitudes, envies et besoins des autres, qui peuvent donner la possibilité de développer une confiance mutuelle ou bien d’entamer une rupture.
A partir de 14 ans les relations d’amitié deviennent de plus en plus solides, fondées sur un lien affectif qui devient de plus en plus fort et stable.
Alors, comment amener votre enfant à « comprendre » qu’il peut « partager» avec d’autres sans briser le lien d’attachement qu’il est en train de créer avec un « ami privilégié » ? Tous les deux le comprendront au fur et à mesure que leur maturité émotionnelle et sociale se développera.

Petite astuce : organiser des activités où plusieurs enfants ( pas beaucoup) seront conviés en incluant, bien entendu, l’ami privilégié, favorisant ainsi le « partage » à plusieurs.

Alicia Lamia
Docteur en psychologie
Psychologue clinicienne et psychothérapeute